Viktoriya « Vika », notre rencontre
L’aide humanitaire destinée à de jeunes patients a commencé en 2011 avec l’arrivée en Suisse de Maksime, venu recevoir des soins orthopédiques. À la suite de cette première expérience, l’association a souhaité renouveler, chaque année si possible, ce type d’aide concrète. Viktoriya, appelée Vika, est la deuxième jeune bénéficiaire à avoir pu être accompagnée dans ce cadre.
À notre manière, nous souhaitons contribuer à l’amélioration du monde. Ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais dans le domaine humanitaire, chaque goutte compte. Chacune apporte un peu de soutien, de consolation et de mieux-être à celles et ceux qui en ont besoin.
2013–2015 : les premiers soins en Suisse
En juin 2013, Vika et sa maman sont accueillies en Suisse. Viktoriya est prise en charge au CHUV pour une première consultation, suivie de plusieurs examens programmés durant la semaine. Pendant ce premier séjour, Vika et sa maman découvrent également quelques beaux endroits de la région.
Les résultats médicaux confirment malheureusement la présence d’un angiome au pied, qui nécessite une opération.
Après de nombreuses démarches administratives, Vika et sa maman reviennent en Suisse en octobre 2013 afin que la jeune Biélorusse puisse être opérée. Cette fois, Vika passe une grande partie de son séjour au CHUV pour préparer et réaliser différentes interventions. Elle est ensuite à nouveau hébergée chez Serge et Mireille Cleusix.
Fin décembre 2013, après presque trois mois passés en Suisse, le moment du retour arrive. Quatre opérations et des soins continus ont été nécessaires pour sauver son pied. Les résultats sont visibles et porteurs d’espoir. Viktoriya rentre chez elle, tout en restant sous surveillance médicale. Un nouveau séjour est prévu en 2014 afin de poursuivre son traitement.
L’ensemble du budget nécessaire à ces soins a été réuni grâce à de généreux donateurs. L’association tient à remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont apporté leur soutien et leur aide. Grâce à elles, le budget visé a même été dépassé.
En mars 2014, Viktoriya passe 15 jours à l’hôpital régional de Moguilev, en Biélorussie, afin de traiter une infection de la cicatrice. Le traitement se déroule avec succès.
En juillet 2014, profitant du séjour santé organisé, Vika et sa maman reviennent en Suisse pour une nouvelle opération. La cicatrice s’est rouverte et son état se dégrade. Une intervention est réalisée durant le mois de juillet. En août 2014, les médecins du CHUV constatent une amélioration de la cicatrice.
Dès ce moment, Viktoriya commence progressivement à abandonner sa chaise roulante. Elle se déplace avec des cannes et peut désormais poser son pied à plat. La progression doit se faire tranquillement, afin d’améliorer le tonus musculaire de ses jambes et de renforcer son ossature. L’absence apparente d’agents infectieux permet alors de garder un bon espoir de guérison.
Le 14 octobre 2014, Viktoriya rentre chez elle avec sa maman. La cicatrice est fermée, même si elle porte encore des croûtes, et le protocole de soins est bien organisé.
Malheureusement, cela ne suffit pas. En juin 2015, Vika revient seule au CHUV pour de nouveaux examens et une nouvelle opération du pied. Elle est à nouveau hébergée chez Serge et Mireille, avec lesquels elle a tissé un lien fort.
Elle reste une nouvelle fois trois mois en Suisse pour recevoir des soins réguliers, des changements de pansements et un suivi médical. Elle repart dans son pays en octobre 2015, avec un nouvel espoir pour la suite. En novembre 2015, les nouvelles reçues indiquent que la rémission de son angiome au pied évolue positivement.
2018–2019 : nouveaux traitements et complications
En 2018, Viktoriya revient en Suisse pour subir deux opérations destinées à diminuer l’apport de sang dans son pied. Après un bilan sanguin et une angiographie, les médecins peuvent lancer le traitement : deux embolisations sont prévues, en juin puis en août. La campagne de récolte de fonds, clôturée le 16 mai, permet de financer ces interventions grâce au soutien des donateurs.

En 2019, les nouvelles sont d’abord encourageantes : le pied de Vika va mieux et les croûtes superficielles ont presque disparu. Elle revient toutefois en mars au CHUV pour une angio-IRM et un bilan. Les médecins constatent alors l’apparition d’une nécrose spontanée sur le côté du pied, ce qui nécessite la mise en place rapide d’un traitement médicamenteux spécifique.
Des tests sanguins sont réalisés afin de déterminer le bon dosage. Ce traitement, probablement nécessaire sur une très longue durée, doit stabiliser la malformation et empêcher l’apparition de nouvelles nécroses. En mai, Vika rentre chez elle avec les médicaments nécessaires pour plusieurs mois, mais son pied reste fragile : elle doit porter une chaussure spéciale et marcher avec des cannes.
En août 2019, elle revient en Suisse pour contrôler l’évolution du traitement. De nouvelles interventions sont réalisées pour soigner une plaie délicate, tandis que le Rapamune montre des effets positifs. En septembre, une opération est nécessaire pour retirer le petit orteil, trop abîmé. Cette première amputation doit permettre une meilleure cicatrisation et la mise en place d’une orthèse adaptée.
Viktoriya suit ensuite des séances de physiothérapie pour réapprendre à marcher, après huit mois sans avoir posé le pied. Deux semaines avant son retour en Biélorussie, une hémorragie inattendue impose toutefois une nouvelle intervention au CHUV. À son retour, un suivi hospitalier devient indispensable. Serge et Mireille gardent alors un contact hebdomadaire avec elle afin de s’assurer que sa prise en charge à l’hôpital de Bobrouisk se déroule correctement.
